Analyse par
Préconisations sur la réforme du Lycée
de Richard Descoings
Questions de méthode
Richard Descoings revisite le Lycée en tant qu’institution de la République et en restitue une image qui reflète le ressenti des acteurs concernés.
Il est heureux qu’au nombre des acteurs, il mentionne en premier lieu les usagers, à savoir les lycéens eux-mêmes et leurs parents, sans néanmoins omettre les agents, enseignants ou non enseignants.
Il n’élude pas le fait que le rôle du Lycée fait polémique et pointe « l’immense importance attachée aux disciplines ».
Pour
Que la mission ait été conduite sous la double exigence d’écoute et d’utilité n’amène pas de commentaire, alors même que l’écoute des acteurs du système éducatif était devenue une nécessité incontournable après une période d’absence de dialogue.
La mission a identifié cinq priorités de la réforme, à savoir :
- redéfinir le rôle du Lycée ;
- accompagner l’orientation des élèves ;
- rééquilibrer les voies et séries ;
- rénover les enseignements et s’interroger sur les modes d’évaluation ;
- repenser les emplois du temps et les missions de l’enseignant.
- la définition du tronc commun ;
- le baccalauréat ;
- le métier enseignant ;
- les parcours des élèves ;
- la démocratie au lycée.
Si au-delà de la formulation certains thèmes se recoupent ou s’entrecroisent, l’approche de la réforme est néanmoins assez différente. En effet, par exemple, là où Richard Descoings estime qu’il convient de s’interroger sur les modes d’évaluation,
Les préconisations de la mission semblent certes crédibles, mais la recherche permanente du consensus risque de déboucher sur une réforme a minima.
I Redéfinir le rôle du Lycée.
Le diagnostic de la mission est celui d’un consensus autour de trois objectifs assignés au Lycée mais ce consensus est immédiatement qualifié d’apparent tant les débats sont intenses quant aux moyens d’atteindre ces objectifs.
Pour la FCPE, la question de la place des disciplines, celle d’un tronc commun et des options possibles ne doivent pas simplement être posées mais doivent être traitées. La FCPE se positionne clairement en faveur d’un tronc commun, gage d’une culture commune à tous les lycéens.
La question de la pédagogie est utilement posée. Ultérieurement, Richard Descoings se réfère à la démarche hypothético-déductive caractéristique de l’enseignement général et qui s’opposerait à la démarche inductive en vigueur dans l’enseignement professionnel. La question est donc de choisir si un tri des élèves doit s’opérer à partir de la pédagogie mise en œuvre dans les établissements ou si les pédagogies doivent être mises, en amont du Lycée, au service de l’épanouissement des élèves pour leur permettre des choix éclairés d’orientation.
Doit également être posée et traitée la question du temps du lycéen (journée, semaine, année scolaire ; alternance cours/TD/travail personnel).
C’est d’ailleurs le sens du vœu présenté par la
La question de la construction de la citoyenneté et de l’engagement lycéen ne peut rester au niveau de l’énonciation d’un principe, aussi consensuel soit-il, si l’exercice de la citoyenneté et la prise d’engagement restent impossibles parce qu’empiétant sur un temps considéré comme scolaire.
La préconisation d’adjoindre à l’équipe pédagogique du lycée un animateur en charge de l’éducation socioculturelle, comme cela a cours dans l’enseignement agricole est un point fort de l’enseignement agricole que
L’objectif de préparation à l’insertion professionnelle doit faire partie des missions du système éducatif. Pour
II Accompagner l’orientation des élèves.
Richard Descoings fait le constat que « l’orientation aujourd’hui se fait massivement par défaut » et il pose le diagnostic que l’orientation subie est la « conséquence d’une information insuffisante et orientée ».
Le rapporteur a cité utilement l’article 8 de la loi d’orientation de 1989 (article L331-8 du code de l’éducation) : « Le choix de l'orientation est de la responsabilité de la famille ou de l'élève quand celui-ci est majeur. »
Mais il passe sous silence les défauts et dysfonctionnement de la procédure administrative d’orientation et fait même référence à des « décisions » d’orientation du conseil de classe (p. 44), ce qui reflète plus le ressenti des élèves que la procédure réglementaire puisque la décision est celle des parents et de l’élève et non du conseil de classe. Il passe également sous silence les représentations personnelles des acteurs de l’orientation qui influencent les « décisions » des « conseillers ».
Pour la
Le cloisonnement des filières, la disparition des passerelles et la rigidité du système sont un constat partagé.
La dénaturation actuelle de la classe de seconde, laquelle constitue le cycle de détermination, est efficacement décrite puisqu’une prédétermination s’opère dès la classe de troisième avec le choix des enseignements de détermination.
Les malentendus décrits quant à la proposition d’organisation de modules de découvertes et d’une semestrialisation des enseignements ont une réalité.
a) qu’elle ne prédétermine pas l’avenir scolaire des jeunes ;
b) qu’elle ait un caractère généraliste et commun à tous les lycéens pour leur donner en partage une même culture ;
c) qu’elle propose de vrais enseignements de découverte sur la base desquels ils construiront un choix éclairé dans une situation d’égalité.
En matière de préparation à l’insertion professionnelle, il est noté qu’en lycée professionnel la généralisation du Bac Pro en 3 ans a suscité trois grands types d’inquiétudes, sans que ces inquiétudes soient aujourd’hui apaisées.
Pour
Il reste que le système éducatif français dévalorise assez systématiquement la voie professionnelle d’abord, la voie technologique ensuite. Pour autant, les bacheliers de la voie générale ne sont pas exempts d’interrogations quant à leur future insertion professionnelle.
III Rééquilibrer les voies et les séries.
Le diagnostic de la prédominance de
Trois options sont proposées pour permettre un rééquilibrage entre les séries de la voie générale.
La piste de réflexion que privilégie
Il reste que la situation ambiguë de
IV Rénover les enseignements et s’interroger sur les modes d’évaluation.
Les quatre préalables ne semblent pas appeler de discussion et les exemples d’initiatives locales mobilisatrices n’ont pas à être commentés.
Qu’une part d’autonomie dans le choix des projets pédagogiques soit laissée aux établissements pour permettre notamment aux équipes pédagogiques de faire preuve d’innovation est une piste sur laquelle
Reste à définir la nature de cette autonomie en menant la réflexion par exemple dans le cadre du thème que
Des préconisations qui suivent et qui pourront utilement être discutées dans les groupes de travail,
La
Plus fondamentalement,
V Repenser les emplois du temps et les missions de l’enseignant : pour une refondation du lycée.
Qu’il faille repenser l’emploi du temps et responsabiliser les lycéens, la
Que cette question ne puisse être abordée dans le cadre de la rénovation du lycée d’ici la rentrée 2010 mais doive être reportée à une phase ultérieure dite de refondation, est impensable pour
Qu’il faille également repenser les missions de l’enseignant, c’est un constat partagé par
Il ne nous semble pas que le statut des enseignants soit à ce point intangible qu’il ne puisse souffrir la moindre évolution au bénéfice des élèves.
Conclusion-Préconisations : les choix possibles.
Trois choix sont possibles, dont celui qui consiste à ne rien faire. En fait, dans ce rapport, l’éventuel choix de l’immobilisme sert de repoussoir pour mieux proposer les deux autres qui ne sont nullement mutuellement exclusifs mais complémentaires.
Proposer d’articuler la réforme du Lycée essentiellement autour de la question de l’orientation dont le défaut majeur tiendrait à un déficit d’information paraît à
- une organisation modulaire;
- la fusion des voies générale et technologique (ce qui ne signifie pas suppression des enseignements technologiques) ;
- la modification du baccalauréat avec l'introduction du contrôle en cours de formation, un nombre réduit d'épreuves terminales et une "épreuve intégrée représentative du parcours de l'élève";
- la définition des modules (pluridisciplinaires, interdisciplinaires ou disciplinaires) par des connaissances et des compétences à acquérir;
- un temps d'accompagnement prévu de façon spécifique dans les emplois du temps avec deux objectifs: un travail d'élaboration du parcours personnel et le suivi des apprentissages réalisés, dans le cadre de petits groupes d'élèves ;
- l'intégration dans les missions et le service des enseignants de l'accompagnement des élèves, du travail en équipe et de la participation au pilotage de l'établissement ;
- la limitation de l'horaire de cours des élèves pour accorder du temps à la formation et l'insertion du futur citoyen (travail personnel, vie associative, relations entre pairs, entre jeunes et adultes, l'apprentissage démocratique...) ;
- la redéfinition des instances collectives pour permettre la participation de tous, élèves et adultes ;
- enfin, l'autonomie des établissements va de pair avec leur mise en réseau sur un territoire donné dans une logique de complémentarité pour éviter toute concurrence.
Pour
L’investissement pédagogique au lycée doit permettre ensuite d’atteindre l’objectif de 50% d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur.
Concernant le chantier de la réforme, la
Juillet 2009.
Rencontre
Mercredi 4 mars 2009
I. Comprendre les blocages
Les représentants ont également souligné l’importance d’intégrer les chefs d’établissement dans les discussions afin de mesurer la faisabilité technique des décisions prises.
Les représentants ont critiqué les déclarations intempestives qui « amoindrissent la valeur des accords et des discours ». Ils ont cité à cet égard, l’exemple des formations de BEP qui ne sont plus assurées sur l’ensemble du territoire en raison de l’application de la réforme du baccalauréat professionnel en 3 ans.
Les représentants ont fait part de deux inquiétudes majeures :
- La reprise des discussions mais avec le maintien de certains éléments contestés, notamment la généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans et la mise en œuvre des lycées expérimentaux fondés sur des éléments de l’ancien projet de réforme.
- Les consultations menées très rapidement et sans constats préalables.
II. Remarques et propositions
v L’importance de la classe de 3ème
- La réforme du lycée doit se faire en amont, c’est-à-dire dès la classe de 3ème. Cette dernière est considérée par
-
v La pédagogie
- La fédération préconise une réflexion pédagogique importante. Les représentants souhaitent le développement de pratiques telles que les TPE et demandent la mise en place de modules de suivi, permettant une différenciation et une personnalisation des parcours pour chaque élève. Les TPE ont permis d’enrichir l’apprentissage des élèves.
- Mettre fin à la dichotomie entre les heures de travail au lycée et celles demandées à la maison. Cette séparation est considérée comme une source d’inégalité très forte car tous les élèves n’ont pas les mêmes conditions de travail et de soutien familial. Face au constat de « la sous-traitance pédagogique aux familles »,
- La majeure partie du travail doit se faire au lycée d’où l’importance de la présence du personnel éducatif.
Les représentants apprécient les travaux dirigés et encadrés car ils permettent d’étudier par le biais d’une approche différente.
v L’évaluation et le baccalauréat
-
- Introduire une dose de contrôle continu afin d’évaluer d’autres aspects. Le modèle du brevet a été évoqué.
Les représentants ont souligné la sélection sur bulletins dans les filières sélectives qui a eu comme conséquence une certaine dévalorisation du baccalauréat. Pour ces filières, l’obtention du baccalauréat n’apporte rien de plus.
- Revoir le système d’évaluation car la pédagogie actuelle ne favorise pas la prise de risque. Beaucoup d’élèves ne participent plus par crainte d’une mauvaise note or, l’un des objectifs du lycée est d’encourager les lycéens à s’exprimer.
- Définir les besoins de la nation en termes de métiers.
Les représentants constatent qu’aujourd’hui il n’y a pas d’éducation au choix (l’orientation se fait par défaut) et que les dispositifs d’orientation dépendent majoritairement des structures.
- Avoir une vision sur l’orientation allant de la 3ème jusqu’au baccalauréat. L’orientation doit dépasser le cadre de la 2nde et les différentes structures existantes. L’organisation modulaire apparaît être une réponse intéressante même si cela remet en question la structure classe.
- Réfléchir sur la sectorisation des lycéens.
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